Qualixel prioriser son temps

« Je suis submergé de sollicitations : appels entrants et sortants, questions, emails, sms, questions des uns et des autres, associés, salariés, clients. Sans doute plusieurs centaines de fois par jour. Je ne traite pas toujours mes dossiers avec la profondeur qu’ils mériteraient, faute de temps ou de concentration. Que puis-je faire pour réduire ce ballotage incessant et toxique, qui pèse sur mon hygiène psychologique et ma santé physique ? »

Pas le temps de courir

Hier soir, je m’étais promis d’aller courir à l’aube. Pour diverses raisons, je ne l’ai pas fait, ce qui n’est pas en soi un problème. Par contre, si régulièrement je me promets d’aller courir sans le faire, invoquant sans cesse un manque de temps, je dois me rendre à l’évidence : je me raconte des sornettes, je n’ai tout simplement pas fait de ce footing une priorité. Avant de gérer du temps, nous gérons des priorités. De là la notion de priorisation de son temps.

Pas le temps de vendre

Extrapolons au milieu professionnel du cabinet : dans le vade-mecum « Savoir-vendre » ([1]), il est rappelé l’importance de l’acronyme SVP (savoir, vouloir, pouvoir-vendre). Or, le pouvoir-vendre traite souvent du temps consacré à la vente, sans lequel il est vain d’espérer des résultats probants.

Le peu de temps alloué à la vente dans les cabinets se justifie souvent ainsi : « il y a tant de choses à faire, nous manquons de temps ». C’est un prétexte : le cabinet choisit de consacrer du temps à autre chose, produire par exemple. Donc, la fonction commerciale est atrophiée parce que le cabinet n’en a pas fait une priorité. Sinon, il lui aurait alloué le temps nécessaire. Il n’y a évidemment aucune moralisation dans ce constat.

À quoi consacrons-nous notre temps ?

Ces 2 exemples illustrent la problématique traitée dans ce vade-mecum : avant de gérer du temps, nous gérons des priorités auxquelles nous décidons d’allouer du temps. Cette perspective peut changer beaucoup de choses dans notre façon d’utiliser ce même capital dont nous disposons tous, à savoir 24 heures par jour.

Cela parait simple au premier abord, mais ça ne l’est pas. Parce que la nature humaine préfère le confort à l’effort, la facilité à la difficulté, le résultat immédiat plutôt que postérieur. C’est pourquoi le fait de gérer différemment son temps pour le mettre au service de ses priorités constitue souvent un sacré challenge.

Quelles sont nos motivations à changer ?

Sans doute la 1ère question à se poser : qu’est-ce qui nous motive à progresser dans le choix de nos priorités et la gestion de notre temps ? Plus les raisons seront fortes, meilleure est la perspective de réussite : « L’homme qui a le Pourquoi s’accommode de presque tous les Comment » remarquait avec justesse Nietzsche.

Faire de ses priorités une priorité, pour paraphraser Covey ([2]), permet de créer cette motivation sans laquelle il est difficile de soutenir un effort durable. Car, dans le changement, l’enjeu est moins de commencer que de continuer, n’est-ce pas ? C’est toute l’importance de la distinction entre les motivations intrinsèques et extrinsèques ([3]).

Témoignage d’un expert-comptable en formation : « je cherche sans cesse à gagner du temps, au profit de ma vie privée, pas de ma vie professionnelle. Je réduis ainsi la tendance naturelle de cette dernière à l’hypertrophie ». Inspirant.

Pour nous … ou pour les autres

Si cette priorisation du temps est une lapalissade pour certains, l’est-elle pour tout le monde : associés, salariés, pairs, et que dire du giron familial ? Sont-ils aussi maîtres dans l’art de gérer leur temps, au mieux de leurs priorités ? Rien n’est moins sûr, nous le constatons : c’est l’intérêt à aider les autres dans cette priorisation de leur temps, ce sera la finalité d’un autre article.


[1]   « Savoir-vendre » : 1 des 16 vade-mecum Qualixel

[2]   « Priorité aux priorités », Stephen R. Covey, Éditions First

[3]    voir vade-mecum « (se) Motiver »

[4]    suggestions et corrigés sont fournis dans le Tuto distanciel « Prioriser son temps »